Press release

NOUVEAU RAPPORT : la liberté dans le monde a reculé pour la 20e année consécutive en 2025

Pour garantir une réponse efficace, il est nécessaire d’améliorer la coordination entre les démocraties, de réformer l'aide à la démocratie et d’assurer un engagement plus stratégique auprès des jeunes du monde entier.

WASHINGTON - Selon un nouveau rapport publié aujourd'hui par Freedom House, la liberté dans le monde a reculé pour la 20e année consécutive en 2025 à cause des coups d'État militaires, de la violence perpétrée contre des manifestants pacifiques et des efforts visant à affaiblir les garanties constitutionnelles. Le rapport Freedom in the World 2026: The Growing Shadow of Autocracy a révélé que 54 pays ont connu une détérioration de leurs droits politiques et de leurs libertés civiles, tandis que 35 seulement ont enregistré des améliorations. Aujourd'hui, 21 % seulement de la population mondiale vit dans des pays considérés comme libres, contre 46 % il y a vingt ans.

« Même si 2026 a créé de nouvelles opportunités pour ceux qui vivent sous un régime autoritaire, que ce soit au Venezuela ou en Iran, les 20 dernières années ont été une période sombre pour la liberté dans le monde », a déclaré Jamie Fly, directeur général de Freedom House. « Les conflits armés, les coups d'État, les attaques contre des institutions démocratiques et la répression des droits par les autorités sont désormais responsables de deux décennies entières de déclin. Ceux qui jouissent encore des bienfaits de la liberté doivent faire plus d’efforts pour contrer l'autoritarisme et soutenir plus efficacement les aspirations démocratiques des peuples qui s'opposent à la répression dans le monde entier, faute de quoi ce déclin persistant se poursuivra. »

Outre l'aggravation de la répression dans les régimes autoritaires, l'année écoulée a été marquée par des résultats mitigés dans les démocraties du monde entier. Parmi les 88 pays classés comme « libres », les États-Unis ont connu la plus forte baisse, avec un recul de 3 points pour atteindre un score de 81 sur l'échelle de 100 points utilisée dans le rapport. Dans ce groupe, seule la Bulgarie (-3) les a égalés, suivie de près par l'Italie (-2). L'aggravation des blocages au Congrès et les affirmations croissantes de l’autorité exécutive unilatérale, mais aussi l’augmentation pluriannuelle des menaces et des représailles contre les discours non violents et l’affaiblissement des garanties de lutte contre la corruption, ont amené le score des États-Unis à son niveau le plus bas depuis que Freedom in the World a commencé à publier des évaluations notées entre 0 et 100 en 2002. Le déclin des États-Unis en 2025 a contribué aux 12 points que le pays a perdus au cours des 20 dernières années, aussi bien sous des administrations républicaines que démocrates.

Principales conclusions du rapport :

  • En 2025, la liberté dans le monde a reculé pour la 20e année consécutive. Au total, 54 pays ont connu une détérioration de leurs droits politiques et de leurs libertés civiles au cours de l'année, tandis que 35 pays seulement ont enregistré des améliorations.

  • Les plus fortes augmentations et les meilleurs scores globaux : sur l'échelle de 100 points proposée par Freedom in the World pour les droits politiques et les libertés civiles, la Syrie (+5), le Sri Lanka (+5), la Bolivie (+4) et le Gabon (+4) ont enregistré les meilleures améliorations en 2025. Les pays qui ont obtenu les meilleurs résultats globaux sont la Finlande (100), la Suède (99), la Norvège (99) et la Nouvelle-Zélande (99).
  • Les plus fortes baisses et les plus mauvais scores globaux : la Guinée-Bissau (-8), la Tanzanie (-7), le Burkina Faso (-5), Madagascar (-5) et le Salvador (-5) ont enregistré les plus fortes baisses de score sur un an. Les pays ayant obtenu les plus mauvais résultats sont le Sud-Soudan (0), le Soudan (1) et le Turkménistan (1).
  • Changements de statut : trois pays - la Bolivie, les Fidji et le Malawi - sont passés du statut de pays « partiellement libres » à celui de pays « libres » grâce à des élections compétitives, à une indépendance judiciaire croissante et au renforcement de l'État de droit.
  • Aggravation et persistance de la répression autoritaire : les conditions de la liberté ont continué à se détériorer en Iran en 2025, les autorités ayant arrêté plus de 21 000 personnes dans le cadre d'une campagne de répression contre des actes présumés d'espionnage et de collaboration à la suite de la guerre de 12 jours qui a opposé le régime et Israël en juin. Par ailleurs, quelque 1,8 million de migrants et de réfugiés afghans ont été expulsés, sans tenir compte de leurs droits fondamentaux. Le score du pays a baissé d'un point pour atteindre 10 sur 100. Avec respectivement 12 et 9 points, les scores de la Russie et de la Chine n’ont pas évolué, mais les autorités russes ont pris de nouvelles mesures pour réprimer le discours anti-guerre et le journalisme indépendant, tandis que les autorités chinoises ont réprimé des manifestations de faible ampleur, mais qui se faisaient de plus en plus nombreuses.

  • Bien que les scores attribués pour de nombreux droits et libertés se soient détériorés au cours des deux dernières décennies, la liberté des médias, la liberté d'expression personnelle et le droit à un procès équitable ont été les plus durement touchés. Les coups d'État, les conflits armés, les attaques des dirigeants élus contre les institutions démocratiques et l'intensification de la répression par les régimes autoritaires ont été les principaux moteurs du déclin mondial au cours de ces 20 dernières années.

  • Depuis 2005, le groupe de pays ayant le statut « partiellement libre » s'est considérablement réduit. Sur les 59 pays classés « partiellement libres » en 2005, 19 sont désormais passés à la catégorie « non libres », grossissant les rangs des autocraties mondiales, tandis que 9 seulement sont passés dans la catégorie « libres ».

  • La plupart des démocraties conservent leur résilience face à des défis de taille. Malgré les pressions internes et les menaces des puissances étrangères, les démocraties continuent de démontrer que leurs systèmes politiques nationaux sont réactifs et capables de changer de cap. Sur les 87 pays classés « libres » en 2005, 76 au total, soit plus de 85 %, sont restés libres tout au long des deux décennies de déclin mondial.

« Nous continuons à constater que le désir de liberté est universel », a déclaré Yana Gorokhovskaia, directrice de recherche chez Freedom House et coauteure du rapport. « De la Biélorussie au Zimbabwe, des personnes du monde entier prennent de grands risques pour résister et défendre leurs droits fondamentaux. Pour inverser la longue période de déclin mondial, les gouvernements et les sociétés démocratiques doivent faire preuve de solidarité avec ceux en quête de liberté, notamment en finançant et en soutenant diplomatiquement les défenseurs des droits de l'homme et les organisations non gouvernementales qui se trouvent en première ligne. »

Le rapport identifie un certain nombre de mesures que les gouvernements démocratiques, les groupes de la société civile, les chefs d'entreprise et d'autres personnes souhaitant protéger la démocratie peuvent mettre en œuvre pour défendre et étendre les droits politiques et les libertés civiles.

Les recommandations sont les suivantes :

  • Renforcer la coordination démocratique et l'action collective. Les démocraties devraient exercer un plus grand leadership collectif au niveau régional et au sein des organisations internationales pour défendre les normes démocratiques et l'ordre international régi par des règles.

  • Réimaginer l'aide internationale à la démocratie pour contribuer à inverser le déclin mondial de la liberté. L'aide à la démocratie ne peut survivre uniquement grâce à des budgets publics de plus en plus restreints. Elle nécessite un écosystème de financement plus large, plus diversifié et mieux coordonné, avec notamment des partenariats public-privé qui s'appuient sur les gouvernements, la philanthropie et le secteur privé, et qui portent sur des résultats réalisables.

  • Privilégier l'engagement des jeunes générations dans les espaces numériques où se forme aujourd'hui l'identité civique. L'investissement dans les jeunes générations est un élément essentiel de toute stratégie à long terme visant à garantir que les normes démocratiques restent pertinentes, résilientes et capables de se renouveler dans les décennies à venir.

Consultez ici les recommandations complètes du rapport. Pour consulter les versions traduites du présent communiqué de presse, cliquez sur les liens suivants : arabe, chinois (simplifié), chinois (traditionnel), français, russe et espagnol.

Freedom in the World présente les scores de 195 pays et 13 territoires du monde entier concernant les droits politiques et les libertés civiles, ainsi qu’un compte rendu détaillé pour chaque pays. La 53e édition de ce rapport annuel porte sur les évolutions survenues du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025 et propose une  brève analyse des tendances à long terme. La méthodologie utilisée dans le cadre du rapport s’inspire en grande partie de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1948. Le rapport est entièrement financé par les dons de fondations, de particuliers et d'entreprises, et ne bénéficie d'aucun financement public.

Si vous souhaitez organiser une interview avec les experts de Freedom House, veuillez contacter Roza Melkumyan à l'adresse suivante : [email protected].


Freedom House est une organisation à but non lucratif et non partisane qui s’emploie à bâtir un monde où chaque individu est libre. Nous informons la communauté internationale des menaces qui pèsent sur la liberté, mobilisons des initiatives mondiales et soutenons celles et ceux qui défendent la démocratie.